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 La Boutique de l'oncle Ossia.

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Oncle Ossia



Nombre de messages : 3
Localisation : Chez l'oncle Ossia
Date d'inscription : 02/05/2007

MessageSujet: La Boutique de l'oncle Ossia.   Mer 2 Mai - 2:22

La boutique de l’oncle Ossia gît dans les bas quartiers, avenue des Lents Echinés. Elle s’est glissée entre un hôtel borgne et la façade aveugle de la fumerie clandestine de monsieur Wong, une laverie, soi-disant.
La discrétion convient aussi bien au lieu qu’à son propriétaire. Mais qu’attendre d’autre d’un recéleur se faisant passer pour un horloger ?
L’oncle Ossia est un homme effacé, terne, dont le cheveu rare, d’un jaune et gris douteux, couvre mal un crâne tavelé sur un visage oblong. Ses petits yeux gris cernés d’un rose irrité se dissimulent derrière d’épaisses lunettes rondes cerclées d’une solide monture de cuivre. La correction de myope lui donne un regard de veau hagard. Ses joues affaissées encadrent une petite bouche à la lèvre molle semblant chercher son équilibre au sommet d’une flagrante absence de menton.
Ses vêtements sont aussi ternes que lui, comme si le but principal de toute sa personne était de se faire consciencieusement oublier.
Une seule chose émerge, vive et acérée, de cette personnalité morne, l’amour de l’argent. Cet homme dont le timbre de voix dépasse à peine celui de l’asthénique chronique, se transforme en un prédateur sans pitié à la vue du moindre sou.
Celui que ses voisins appellent familièrement « oncle » Ossia, celui qui vit dans son arrière boutique miteuse, dans un deux pièces délabré, l’inoffensif vieillard, le méticuleux tripatouilleur de rouages, n’est autre que le vrai propriétaire de presque tout le quartier, à l’insu de tous.
Lentement, tel une araignée tissant sa toile, son petit commerce lui a permis de racheter tous les immeubles, un à un.
Mais oncle Ossia vit toujours chichement, sans rien changer à ses habitudes.

En ce moment même l’homme est en pleine opération à rouages ouverts d’une Lecoultre, un véritable petit chef d’œuvre doté d’un des premiers remontoirs à bascule. Sans cet inventeur de génie, il faudrait toujours une clef pour remonter sa montre… Les jeunes d’aujourd’hui ne savent pas ça.
Un sifflement retentit et, dans un soupir, il se lève, articulations craquantes, pour ôter le samovar du feu. Il dispose deux tasses de fine porcelaine sur la table, de petites cuillers d’argent prés du sucrier et sur un joli plat des pavots au miel, ses confiseries préférées. Elle sera bientôt là, c’est son heure, cette petite a avalé une horloge. Il rit de sa plaisanterie, de son petit rire d’asthmatique.
Derrière lui la clochette de la porte tintinnabule quand elle s’ouvre et se referme. Il reconnaît le petit pas sec et précis. Pas besoin de se retourner, c’est elle, la seule qui puisse légitimement l’appeler oncle.

Dobryï vetcher Apollonia.
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Apollonia Kirillovna



Nombre de messages : 7
Date d'inscription : 19/04/2007

MessageSujet: Re: La Boutique de l'oncle Ossia.   Dim 20 Mai - 12:39

Privet oncle Ossia.
Désolée mais aujourd'hui je ne pourrai rester trés longtemps, je dois remplacer mon chef de service auprés de notre employeur.
Kak pojivaïech?


Elle tire une des chaise et s'assoit, et comme d'habitude se détend en écoutant d'une oreille distraite son oncle. Elle connait par coeur sa litanie, composée de plaintes sur sa santé ou la vie devenue trop chère dans Sipra et ses difficultés à boucler les fins de mois. Oncle Ossia parle d'une voix basse et assez monocorde, cela la berce doucement, provoquant en elle une sorte de transe reposante.
Cher oncle, toujours préoccupé de sauver les apparences, mais cela fait bien longtemps qu'elle a mené son enquête sur lui et connait parfaitement son petit commerce. A quoi bon le lui dire, cela lui fait tellement plaisir de croire qu'il mène le jeu...
Apollonia aime bien son oncle Ossia et les visites qu'elle lui rend. Avec elle il a toujours été un gentil vieillard. Bien sûr il ne l'a pas recueillie à la mort de ses parents. Ni elle ni... Mais il ne pouvait pas à l'époque. Il venait à peine de débarquer de Ruskie pour les rejoindre, n'avait pas un sou en poche et le danger était trop grand. Elle savait pertinemment qu'il avait fait son temps en cellule lui aussi, tout ça à cause de son père, encore une fois. Elle avait fait des visites occasionnelles à certains prisonniers dans le cadre de son emploi et imaginait sans peine ce qu'il avait du endurer. Tout ce gachis pour des bêtises de jeunesse...
Et c'est elle et...Kouzma qui en avaient payé le prix. Elle revit le petit visage pâle le jour où on les avait séparés, les larmes et la terreur dans ses grands yeux gris si semblables aux siens. Elle, elle n'avait pas pleuré. Sa dernière larme elle l'avait versée sur le corps de sa mère, un an aupravant. Mais Kouzma avait toujours été fragile et sensible. Elle lui avait murmuré d'être fort et de se battre pour survivre, posé un dernier baiser sur son front, puis elle avait tourné les talons et était montée à l'arrière du vapofourgon qui les emmenait, elle et deux autres de ses petits camarades. C'était la dernière fois qu'elle l'avait vu, sans elle il était certainement mort peu de temps aprés. Les forts vivent, les faibles meurent, ainsi va la vie. Elle avait été choisie et pas lui.
Il y a quelques années elle avait fait un vague début de recherches pour le retrouver. Mais son enquête s'était arrétée à Heurts et Crasses où on lui avait dit qu'une partie des archives avait brûlé lorsqu'un orphelin avait tenté de s'enfuir en mettant le feu aux dortoirs. Personne ne se souvenait de Kouzma ni de ce qu'il avait pu devenir. Sans doute était-ce mieux ainsi finalement.
Jamais petit Kouzma n'aurait survécu à ce qui avait suivi, la moitié des enfants choisis mouraient dans la première année. L'entrainement physique était destiné à encrer dans leur corps tous les réflexes dont ils auraient besoin plus tard. Endurer l'effort, la douleur, les privations, tout cela était le lot quotidien des futurs agents. Apollonia, d'une taille un peu en dessous de la moyenne, entre les exercices et la cruauté de ses petits camarades avait souffert le martyre les premiers temps. Mais tout avait basculé grâce à Maurice.
Plus âgé et plus fort qu'elle, il partageait le même dortoir et s'était mis à la battre assez régulièrement et à voler sa nourriture. Apollonia réalisa rapidement que sans manger, elle ne tiendrait pas longtemps. Elle avait donc pris les choses en main et volé une fourchette (on ne leur donnait pas de couteau par mesure de sécurité) durant le repas, aprés sa correction quotidienne.
C'est avec un calme parfait qu'elle l'avait enfoncée dans l'oeil gauche de Maurice pendant la nuit. Elle avait calculé son coup pour qu'il soit précis, ne ripe pas sur les bords de l'orbite et qu'il aille au plus profond. Aprés un ou deux tours, Maurice avait cessé de convulser et son corps était retombé flasque et inutile. Puis elle était tranquilement retournée se coucher pour finir sa nuit. Ce fut la première fois qu'Apollonia tuait, elle avait 9 ans.
Le lendemain, elle fut trainée dans le bureau du chef commandant des instructeurs où elle confessa spontanément son crime et ses motivations. Loin de recevoir un juste châtiment, on lui avait fait subir une batterie de tests psychologiques, posé des milliers de questions. Celui qui, elle le sut plus tard, n'était autre que le chef ingénieur de Stanton avait même recouvert son crâne rasé d'électrodes avant de prendre un air entendu en contemplant les petites aiguilles oscillant dans les cadrans face à lui. Pour finir on l'avait emmenée loin du camp d'entrainement.
La vie s'était notablement améliorée dès lors. Dans l'immeuble où on l'avait conduite et où elle allait passer les sept prochaines années de sa vie, ils n'avaient jamais été plus de quatre ou cinq enfants à la fois à loger. Si l'entrainement physique demeurait rigoureux, les repas étaient bons et copieux et ils avaient chacun leur propre chambre. Il y avait même un jardin avec, rareté au coeur de Sipra, des fleurs et elle s'était découvert un amour immodéré pour les roses trémières. On leur administrait aussi de nombreux cours, leur donner une solide culture générale semblait extrêmement aussi important que l'anatomie et les 1000 et un points faibles du corps humain. On lui avait enseigné les bonnes manières et l'utilisation, entre autres du garot étrangleur, la littérature et l'art de se rendre méconnaissable. Ils devaient pouvoir répondre à toutes les situations, toutes les éventualités, tous les ordres de Stanton. Et comme toujours Apollonia fut une élève assidue et appliquée.
Elle avait 16 ans et était devenue une belle jeune femme pleine de vie quand on l'autorisa à quitter l'immeuble. On lui offrit un petit mais coquet appartement au coeur de Sipra et un petit emploi de secrétaire comme couverture. Le patron était grassement payé pour ignorer ses absences répétitives. Ses collègues, eux pensaient qu'elle avait une aventure avec celui-ci, ce qui expliquait son traitement de faveur. Elle s'était bien gardée de les détromper.
Ils n'étaient que 4 dans tout Sipra à exercer le même métier qu'elle et avaient soigneusement tous été dispersés et implantés aux quatre coins de la ville. Mais elle a appris peu de temps auparavant qu'un cinquième, la ville et la population grandissant sans cesse, est venu les rejoindre au service de Stanton.
Ils sont l'élite des agents siprasiens, on soupçonne leur existence sans pouvoir la prouver. Ils sont ceux qu'on ne voit jamais, ils n'existent pas.

Elle se rend soudain compte que son oncle la fixe sans plus parler, un petit sourire aux lèvres.

Prostite oncle... Je crois que j'ai eu un instant d'absence. Tu veux bien répéter s'il te plait?

Se saisissant d'un pavot elle commence à le grignoter, l'air géné.
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Oncle Ossia



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Localisation : Chez l'oncle Ossia
Date d'inscription : 02/05/2007

MessageSujet: Re: La Boutique de l'oncle Ossia.   Lun 26 Nov - 2:14

Ossia sourit, créant un instant dans une grande envolée de plis, une étrange ressemblance entre son visage et un store vénitien.

Polia, ne t'en veux pas. Tu dois être bien fatiguée par ton travail et les radotages sempiternels d'un vieillard ne sont pas ce qu'il y a de plus passionnant. C'est moi qui devrais te demander pardon pour tout ce temps que je te vole.
Tu devrais t'amuser parfois, au lieu de venir respirer la poussière de ma boutique. Tu es si toujours si sérieuse.
Tu es jeune et jolie ma chérie, belle comme ta mère. Et si intelligente avec ça. Sevastian, ton regretté père, disait toujours que tu étais un petit génie. Qu'un jour tu ferais partie de ceux qui renverseraient les tyrans capitalistes, que tu prendrais sa suite. C'était un rêveur mon petit frère, et un homme bien, fidèle à ses convictions. Il y a cru jusqu'au bout. De l'exil à son arrivée ici et aux...évènements.
J'ai toujours pensé que ce journaliste, je n'arrive plus à me souvenir de son nom...Tiprate peut-être, avait eu une mauvaise influence sur lui. Peut-être que s'il n'avait pas publié cet article tout aurait été différent. Peut-être que Seva serait encore là, et Larissa et Kuzma aussi...


Ossia se tait un instant, le regard embué. Il renifle un peu, sort un mouchoir douteux et s'essuie avec. Il regarde Apollonia et voit ses yeux légèrement agrandis et ses mâchoires serrées. Le gateau à mi chemin de la bouche elle a tout d'une statue de marbre maintenant.

Milaya, je sais que tu n'aimes pas que je te parle de ton père. Je suis désolé. Mais parfois tous ces souvenirs remontent en moi. J'ai plus de passé que d'avenir à présent.
A qui parlerais-je de tout ça si ce n'est à toi?

Pardonne à un vieux fou qui n'a plus que quelques jours à vivre.
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Apollonia Kirillovna



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MessageSujet: Re: La Boutique de l'oncle Ossia.   Lun 26 Nov - 18:04

Elle s'est immobilisée au milieu de son geste. Le gateau colle désagréablement à ses doigts et le morceau qu'elle vient d'avaler semble brusquement devenu gigantesque dans sa gorge. Elle déglutit avec peine la douloureuse bouchée, sentant lentement mais surement une sourde colère monter. Elle doit se contrôler, reprendre son calme, ne rien montrer à ce vieux bouc sénile.
Elle repose le pavot dans la petite assiette de porcelaine, sort un fin mouchoir de dentelle, propre celui-ci, et commence à essuyer ses longs doigts fins. Elle le soupçonnerait presque de l'avoir fait exprés. De l'avoir sciemment testée.
Le visage redevenu paisible, elle se permet même d'esquisser un léger sourire compatissant.


Oncle, je ne t'en veux pas. Ni aujourd'hui ni demain.
Tu connais le proverbe "La barbe n'amène pas toujours la sagesse.", mon père aurait pu vivre cent ans qu'il ne l'aurait pas trouvée. Ses folies ont causé la mort de ma mère et plus tard celle de mon frère. Tu le sais bien, toi qui as subit la torture à cause de lui...
Quand à moi c'est un miracle que je m'en sois sortie.
Mais aujourd'hui j'ai retrouvé une vie paisible avec un bon emploi qui m'apporte de grandes satisfactions. Je ne suis pas de ces cocottes écervelées qui brûlent leur vie comme une chandelle. Je préfère la stabilité et la discrétion à leurs éclats éphémères. Les enfants de Ruskie ne connaissent pas la frivolité.
Mais ça aussi tu devrais le comprendre, mon oncle, ma seule famille, tu mènes une vie on ne peut plus calme et rangée, n'est-ce pas? Réglée comme une horloge.


Elle glousse légèrement pour ponctuer sa remarque mais son regard s'est fait plus pénétrant.

Quant à ta santé, je suis sûre qu'elle est meilleure que la mienne et que tu suivras le corbillard de tous les enfants du quartier.
Toi et moi sommes des survivants Ossia Kirillovitch.

Mais le devoir m'appelle et je dois filer. Mon employeur déteste les gens en retard et je n'aimerais pas qu'il prenne des sanctions...définitives envers moi.


Elle se lève, ramasse rapidement ses gants ainsi que son sac et, aprés avoir posé un léger baiser sur le front du viellard perplexe, trottine vers la sortie.

Do svidania oncle.

Sortir, elle doit sortir. Il lui faut de l'air, elle étouffe.
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Oncle Ossia



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Localisation : Chez l'oncle Ossia
Date d'inscription : 02/05/2007

MessageSujet: Re: La Boutique de l'oncle Ossia.   Mer 28 Nov - 0:03

La porte claque dans la boutique et la clochette devient folle.
Lentement Ossia ferme la bouche et un large sourire s'élargit sur son visage.


Ca marche toujours!

Il claque dans ses mains et se lève tout guilleret en commençant à ramasser le service à thé et les gateaux.
Elle réagit toujours aux allusions à la famille et tant que cela sera le cas il gardera un ascendant sur elle. Finalement, on ne sait jamais, une nièce agent cela peut toujours servir. Et quel agent, une des cinq! Bien sûr elle ignore qu'il est au courant, mais un oncle sait tant de choses... Surtout lorsqu'il rémunère honnètement les gens désireux de lui raconter ce qu'ils ont vu ou entendu. Et ces petits ucés peuvent devenir bien plus nombreux dans la poche de celui qui, comme lui, sait utiliser à bon escient les informations obtenues. Ossia le sait, savoir c'est pouvoir.
Jusqu'ici Stanton, qui n'ignore rien de ses agissements, le laisse faire puisque ses activités n'ont rien de politique mais un but purement lucratif, bien quil ait parmi ses "chuchoteurs" quelques agents véreux. D'ailleurs Ossia contribue régulièrement aux "bonnes oeuvres" du despote éclairé. Il l'a même rencontré un jour, et l'entretien fut fort agréable et cordial.
Il semble même que ce dernier n'ait pas jugé bon de révéler à Apollonia comment Ossia a sauvé sa peau et a évité le tunnel des exils. Fort heureusement car le viellard doute qu'elle le laisse vivre longtemps dans le cas contraire...
Quand à la vérité sur Kouzma, elle ne parait pas non plus la connaitre. Elle a si peu insisté dans ses recherches, tellement certaine qu'il était mort.
Il dépose le plateau dans la cuisine et machônne pensivement le reste du gateau d'Apollonia, fait la grimace. Trop sucré, comment peut-elle aimer ces choses?
Il lève les yeux vers une des multiples horloges qui tapissent les murs de la boutique. Son futur client sera bientôt là. Il parait qu'il a quelque chose de vraiment intéressant à lui vendre.
Ossia se frotte les mains.
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Lou



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Localisation : Chez vous?
Date d'inscription : 06/01/2008

MessageSujet: Re: La Boutique de l'oncle Ossia.   Jeu 17 Avr - 18:26

Trois heures après, Lou se trouvait en plein Sipra, à la limite des Bas-Quartiers, endroit peu recommandé tant pour lui que tout autre aux poches quelque peu remplies. Le ciel paraissait en feu. Lou contemplait les vapeurs ondoyantes que le Vieux veilleur répandait tandis qu'il consommait les nuées de son gaz éclairant.
Réajustant son sac sur ses épaules, il avait bien pris soin de ranger les fruits de son larcin ainsi que ses outils de travail au plus profond de ses effets. Malgré toutes les précautions prises -et qui semblaient jusqu'à présent fonctionner- Lou n'était jamais à l'abris d'un contrôle assuré par ces agents trop heureux de pouvoir bien s'affirmer aux yeux du grand Maître Stanton à coups de voleurs violemment débusqués ou autres magouilles entâchant la "beauté" siprasienne.

C'est pourtant sans encombre qu'il parvint à destination et le cambrioleur se félicita une fois de plus de son savoir-faire sans défaut et de la chance insolente qui imprégnaient chacun de ses projets.
Accueillant son entrée d'un tintement cristallin, la boutique de l'Oncle Ossia l'environnait à présent, écrasante de cette odeur antique de tant d'objets réclamant poussière et n'obtenant que le simple poids des années grâce aux soins intensifs du propriétaire de cette échoppe renommée.

Lou posa son sac à terre. Un glas de bric et de broc retentit alors qu'il s'empressait d'entrebailler l'ouverture afin de s'assurer que son indélicatesse passagère n'avait causé aucun dégât. S'accroupissant près de ses possessions, plongeant une main longiligne au coeur de son larcin, il effleura les bougeoirs et goussets, bizarreries à ressorts et autres objets brillants qui avaient attirés son regard... et dans la foulée ses serres baladeuses.
Poussant un long soupir, rassuré, il releva la tête pour mieux détailler son environnement.

Au loin, au delà d'un couloir défilant hors de la pièce maîtresse de la boutique, Lou croisa le regard d'une momie antique qui ne devait avoir connu autre lumière que celle des torches d'explorateurs intrépides l'arrachant à sa tombe séculaire. Elle semblait effrayante en ce crépuscule encore jeune. Sa peau plissée rappelait quelque fruit trop longtemps séché au soleil et rabougri dans l'attente d'une eau salvatrice. Ses mains croisées l'une à l'autre semblaient deux fins éventails griffus dont on n'osait imaginer le tranchant. Ses petites lunettes rondes rappelaient une chouette atrophiée...

... ses petites lunettes rondes...

Sursautant sur ses deux pieds, Lou passa une main en ses cheveux, les ébouriffant et regretta de suite après l'effet qu'il semblait dégager. Tandis qu'Ossia le dévisageait, dubitatif à n'en pas douter, bien que la pénombre empêchat le voleur de s'en assurer, il tangua un moment, gêné et entreprit enfin de renouer cette relation qui était la leur à chacune de ses visites.

Me revoici... Bonjour Oncle Ossia.
Je n'étais pas sensé me rendre chez vous avant un certain temps... cependant les affaires vont bon train et il me semble logique de vous en faire profiter.
J'ai entre autres aperçu un produit prochain qui pourrait vous intéresser.

Joignant ses deux index, Lou en laissa un statique tandis que l'autre battait la seconde de manière circulaire, calquant son rythme sur le tintamarre des nombreuses horloges du maître des lieux.
Cessant ce manège digital et calant ses mains sur ses hanches, le regard de droite à gauche perdu en ces possessions dévoilées de l'oncle Ossia, il acheva sa phrase en toute civilité.
Vous portez-vous bien?
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La Boutique de l'oncle Ossia.
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