AccueilAccueil  MembresMembres  GroupesGroupes  RechercherRechercher  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Arsène Picrate

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube   Dim 20 Mai - 19:43

Arsène était épuisé.
Il avait passé la nuit penché sur le clavier de la linotype poussiéreuse qui lui donnait du fil à retordre.

Picrate s'affala sur son bureau, goulot au bec, il vida d'un trait sa dernière bouteille et s'alluma de quoi enfumer davantage encore les bureaux vides en cette heure matinale.

Chaque jour, la conception du journal devenait plus périlleuse, plus suicidaire et il devenait de plus en plus difficile de trouver de bons informateurs prêts à lâcher quelques tuyaux sur les activités illicites du gouvernement.
Arsène devait se contenter de pondre des articles satiriques et quelques portraitures cinglantes.
Mais parfois, il tenait l'"affaire" du moment, vainement dissimulée par les magnats siprasiens... parfois...

Plusieurs dossiers chauds le maintenaient éveillé.
L'affaire du tueur des Bas-Quartiers, cette idiote histoire de singe passe-muraille, la mort "tragique" du Chef Ingénieur Morrisson, le déferlement d'Agents dans les rues sous couvert d'une sécurité accrue...

Et ça piétinait du côté de ses fureteurs.
Rien ne permettait d'impliquer Stanton dans aucune de ces affaires et pourtant, une chose était sûre :
Stanton était toujours à l'origine de tous les maux de Sipra... toujours !


Dernière édition par le Dim 20 Mai - 23:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arsène Picrate

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Re: Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube   Dim 20 Mai - 23:06

Arsène, fin saoul et fébrile d'avoir tant travaillé examina le premier exemplaire de la sortie quotidienne.

Son visage se frippa sévèrement sous le mécontentement que lui infligeait la Une.

– Vraiment rien de fabuleux en ce moment...
Bon sang, va falloir coincer ce tueur... et d'une façon ou d'une autre, Stanton est impliqué.


Frustré, Picrate balança le journal et se mit à boire jusqu'à ce que le livreur vienne prendre les piles restantes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arsène Picrate

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Re: Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube   Dim 1 Juil - 16:26

Alors qu'Arsène mettait son manteau et s'apprêtait à sortir se réapprovisionner en alcool fort, il tomba nez à nez sur un de ses petits colporteurs. Une piécette changea de main et le gamin reprit sa course dans les rues.

– Et rapporte-moi une bouteille, gamin ! Discretement, comme toujours, hein !

Arsène, intrigué, ouvrit la lettre et lut avec étonnement, souriant au fur et à mesure qu'il découvrait qu'un nouvel allié lui offrait de quoi épaissir sa gazette.


Cher Picrate,

Voici un article qui devrait vous plaire.
Lisez-le, détestez-le, corrigez-le, mais je vous en supplie... publiez-le !
Trop peu de journaux ont encore l'audace de l'Aube, et le courage de dire la vérité au peuple soumis.
Quant à la signature, je vous sais trop honnête pour y apposer la vôtre.
Nous verrons plus tard pour le salaire de la pige.

Citation :

Quelle tristesse ! Un ingénieur de plus... ou plutôt devrait-on dire de moins.

Quelle tristesse en effet que Lord Stanton -louée soit sa grandeur
grandissante, puisse-t-il un jour se cogner au plafond-, notre vénéré
dirigeant, n'ait pas encore eu l'idée lumineuse de fournir un harnais
de sécurité à ses ingénieurs, au vu du nombre de chutes dont ils sont
victimes. Notre cité a-t-elle un surplus d'ingénieurs compétents tel
qu'il faille les éliminer d'une manière ou d'une autre ? Il est vrai
que le nombre de loquedus à peine fichus de manier le marteau-pompe est
critique, comparé aux ingénieurs ingénieux.

Oui, il est de notoriété publique que la formation en ingénierie est à Sipra la meilleure au monde ; nos fabuleuses machines, nos bâtiments défiant les lois de la physique en sont la preuve. Tout de même ! Le huitième
ingénieur-chef en moins de six mois... À ce rythme, la prochaine
promotion de l'ensemble des Grandes Écoles Stanton ne suffira pas à
boucher les trous.

Il n'empêche, quelle bien malheureuse coïncidence : dès lors qu'un technicien alcoolisé annonce à votre dévouée que les Ateliers vont enfin sortir ce nouvel engin dont se gorgent les rumeurs, l'ingénieur chef en place meurt dans de bien sombres conditions. Qui sur un chantier, qui d'une chute dans l'escalier, qui de son lit superposé à l'Atelier, qui d'une fenêtre ouverte par un malheureux coup de vent... toujours une chute.

Avec un brin de mauvaise foi (de canard, s'entend), l'on pousserait le
bouchon jusqu'à dire que l'on souhaite les voir partir lorsqu'ils ont
déplu au Prince. Mais le bouchon de la vérité ne sautera pas, pas
encore, l'on ne le poussera pas trop loin, car le vin de Sipra n'est
pas encore matûre. Attention cependant à ne pas trop le garder... sous
la pression, l'on risquerait de le voir devenir mousseux...

Arsène oublia un moment ses envies de goulot et inspecta la lettre à la recherche d'indices mais ne trouva rien d'intéressant.
L'anonyme auteur de ce message tenait à le rester, et peu importe, Arsène était bien décidé à publier une plume si pertinente.
On ferait les présentations plus tard, voilà tout.

Arsène se frotta les mains, alluma une pipe et commença la rédaction de son editorial.
Le prochian numéro allait ressembler à un joli pavé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arsène Picrate

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Re: Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube   Mar 4 Déc - 17:13

Arsène émergea de son sommeil lourd avec un affreux mais habituel mal de crâne, la bouche pâteuse, l'haleine fétide.

Après avoir buté dans une pile d'anciens numéros de L'Aube et juré tout son saoûl, il réussit à atteindre la machine à café néolithique.
Une tasse corsée et parfumée au whisky plus tard, il était installé à son fauteuil, et s'attelait à lire son courrier.

– Ah !! Un courrier de mon meilleur et unique rédacteur.
A temps pour la prochaine édition !
Voyons voir un peu ce que l'anonyme scribouilleur m'envoie.


Citation :
Cher Picrate,

L'actualité chaude de la semaine à Sipra est
évidemment le changement de visage à la tête du Service des Ingénieurs.
Il est en général difficile voire improbable de sortir ces passionnés
de leurs ateliers. Ne parlons même pas d'entrer dans le saint des
saint, les sous-sols de la Tour Dorée, où ils passent leurs nuits -ils
n'ont plus de jours, la seule lumière qu'ils connaissent est celle des
lampadaires à gaz-, à nous concocter de nouvelles machines.
Heureusement, pour des experts, rien d'impossible. N'ayant pu obtenir
un entretien exclusif dans les règles de l'art avec le nouveau cerveau
en chef, il a fallu ruser. Voici le résultat :

Entre deux poses de rivets et autres menaces sur ses subordonnés, le
nouveau Cerveau Chef a bien voulu nous recevoir, dans son bureau, ou
plutôt son dépotoir. C'est l'arrière-train entre un moteur désossé et
une réserve de charbon que s'est déroulé cet entretien

Coin-Coin : Dr Leets, tout d'abord merci de vous prêter au jeu de cette vrai-fausse entrevue.

Dr Leets : Oui, bon, mais en vitesse, hein. C'est que j'ai pas tout mon temps, suis pressé.

CC : Cette semaine vous avez obtenu le poste d'Ingénieur Chef, suite à la
chute tragique de votre prédécesseur, l'ingénieur Morrisson.
Pensez-vous mériter cette promotion ?

DL : Si je la mérite ?
Mais il n'y a pas plus compétent que moi ! Cela fait des années que je
le mérite, ce poste ! À la minute même où j'ai posé les pieds dans les
Ateliers de la ville, on aurait dû me le donner, ce poste !

CC : Sous-entendez-vous qu'aucun de vos prédécesseurs ne vous arrive à la cheville ?

DL : Et comment !

CC : Pas même le regretté Morrisson ?

DL : Cet incompétent ? Pas fichu de cabler correctement une vapocalèche.
Quant à placer des rivets, hors de question de le laisser faire. Si on
lui avait fait confiance pour les plans d'une quelconque machine, rien
ne fonctionnerait dans la cité. Soyons francs, au sein des Ateliers, je
faisais déjà tout à sa place. Aucun plan, aucun projet ne quittait son
bureau si je ne l'avait pas analysé, critiqué, amélioré, réparé.

CC : En parlant de projet, qu'en est-il de ce Grand Projet ?

DL : Conquérir le monde ? C'est en bonne voie, je...

CC : Hum, excusez-moi de vous couper, je parlais du projet dont toutes les
gazettes font leurs choux gras. Celui du Grand et Génialissime Mégalo
Stanton.

DL : Celui-là ? Vous appelez ça grand ? Juste un
joujou, une pécadille, petit, à la limite du microscopique pour un
génie de ma qualité.

CC : À ce point ?

DL : C'est-à-dire
que s'il n'y avait eu ce léger contre-temps qui a vallu le départ
précipité de mon prédécesseur, avec l'explosion de la machine, tout ça
parce que des incapables, heureusement disparus avec elle, ont confondu
l'échappement vapeur avec l'arrivée automatisée d'huile, causant une
flamèche dans le piston inférieur, et donc une surpression au sein du...

CC : Pardon de vous couper encore une fois, mais je doute que les détails techniques passionnent notre lectorat.

DL : Ah ? C'est possible, ça ? Pourtant une mécanique comme celle-ci
mériterait un magazine à elle seule. Enfin bon, au final.. ça a pété !
Une sacrée explosion, d'ailleurs ! J'ai failli prendre mon pied
tellement c'était puissant. Mais bon, on a tout perdu au passage, faut
tout reconstruire de zéro.

CC : Et cela devrait prendre combien de temps ?

DL : On a une semaine... Va falloir cravacher si on veut y arriver, et
avec ces manchots qui me servent de techniciens ou le manque criant
d'acier, c'est quasiment irréalisable ! Si ce n'était ce besoin de
mains pour m'aider à monter cette machine dans les temps, j'aurais déjà
renvoyé la plupart de mes esclaves, tous plus incapables les uns que
les autres.

CC : Que va-t-il se passer dans une semaine, si vous n'arrivez pas à venir
à bout de cette fumeuse idée ? Une petite chute pour finir votre
carrière ? Pensez bien à vérifier que les marches de votre logement ne
glissent pas...

DL : Des marches ? Il n'y en a plus depuis
longtemps dans la Tour Dorée ! Non, je ne vais pas me laisser abattre.
Au pire, on enrobera l'incompétence de la main-d'oeuvre dans une
machine bidon qui demandera encore quelques réglages. Bon, c'est pas
que vos questions m'ennuient, mais je prends du retard sur mon emploi
du temps avec vos bêtises, là. Allez hop, du balaspiro !

– ... Hum, parfait tout ça.
Au travail !


Et Picrate se mit à rédiger, puis à composer sur le clavier de son antique
linotype. L'atelier ne tarda pas à baigner dans un nuage de fumée et de
lourds relents alcoolisés.

Plusieurs heures plus tard, L'Aube était prête à être distribuée par les gamins du quartier.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arsène Picrate

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Re: Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube   Mer 27 Fév - 17:09

Arsène émergea, une fois de plus de son sommeil de plomb.
Aussi plombé que ses cernes noirs et son haleine chargée.

Petits pas et colis glissé sous la porte.
Le rituel ne changeait pas.
Arsène s'étira et alla chercher le pli d'un pas lourd en se frottant les yeux.

Il décacheta l'enveloppe, vérifia la signature et s'installa à son bureau pour lire attentivement les feuillets.


Citation :
Une récente enquête d'opinion a montré que la quasi-totalité des habitants de Sipra soutient l'instauration du couvre-feu. Quelle surprise de voir que 3% des interrogés ont osé s'opposer ouvertement à cette idée. Sans doute ces personnes n'habitent-elles pas à Sipra, ou ne lisent-elles pas la presse officielle. Nous le déplorons mais osons espérer qu'ils liront ce qui suit.

Les Bas Quartiers sont devenus un espace incontrôlable. Ces mêmes quartiers qui étaient encore, avant l'arrivée d'un Trente Tonnes – puisse-t-il encore prendre du volume – à la tête de notre cité, des lieux paisibles où l'on pouvait se poignarder sans peine, sont devenus au fil du temps une société en décalage, ne fonctionnant plus au rythme imposé par l'Ile Stable, et donc en marge d'une certaine norme. Pensez-vous réellement que toutes les personnes qui habitent dans les Bas-Quartiers sont mal éduquées, en marge, en mal d'avenir ?

Vous avez parfaitement raison mais cette situation, nous l'avons créée et pérénisée au rythme de discriminations nauséabondes, le plus souvent fondées sur l'argent ou le pouvoir. À force de voir du noir, on broie du noir dans cette société du chacun pour soi, ou plutôt du chacun pour son Éminence Clifford Stanton. La faute à qui ? Aux jeunes qui y vivent, aux parents qui se sont vus déposséder de leur rôle éducatif, et d'une certaine Autorité ? Des pouvoirs publics et de leur tendance à fermer les yeux sur les trafics tant qu'ils rapportent et ne gênent pas un autre trafic plus rentable ? On a voulu donner des leçons de savoir vivre, de civilité à ces
Bas-Quartiers comme pour se donner une meilleure conscience mais
c'était oublier que même en plus haut lieu, c'est la loi du plus fort
qui règle les rapports Siprasiens.
Merci Monsieur Stanton : l'image du fonctionnement de votre Pouvoir Suprême a déteint sur nos concitoyens.

Nous lisions hier les journaux officiels et certains déplorent l'incidence de cette série de meurtres sur "l'image de marque de Sipra". Tout d'abord, prôner l'image d'une ville au détriment de la réalité sociale est absurde, et insultant pour ses habitants. De plus, nous doutons que Son Ingéniosité Stanton n'ait pas pensé à organiser un Tour Officiel de Sipra pour quiconque souhaiterait admirer avec quel génie il tient la cité entre ses doigts. Surtout, en quoi notre "image de marque" va-t-elle aider les habitants des Bas-Quartiers à s'en sortir ? L'économie est prisonnière de quelques privilégiés, et tout capital souhaitant s'installer ici n'a que faire de ces vauriens qui portent mieux le chicot que le vison.

Je déplore plus que quiconque cette série de meurtres récents, mais il faut remercier leur auteur s'ils nous permettent d'ouvrir les yeux : le couvre-feu n'est qu'un moyen de plus pour le pouvoir en place de faire main basse sur ce qui nous reste de libertés. Bientôt, l'on prendra en haut lieu la décision que la vie d'un Siprasien ne dépend que du bon vouloir de notre Vénéré et Unique Guide. Allez savoir, peut-être est-ce déjà le cas, et ce meurtrier n'est que la main armée des Hautes Sphères. Ainsi donc nous nous permettons de mettre en garde ces 3% qui sortent du lot : retournez à la masse silencieuse, lisez les canaux d'informations officiels, méfiez-vous des Agents qui sonneraient à votre porte. Sipra a davantage besoin de vous hypocrites et vivants que vindicatifs et morts.

Et bien voilà !
Le nouveau numéro est bon à boucler !
Ce Coin-Coin s'active, pas de doute.
Mais il va falloir du changement, maintenant.
Viviement que la dissidence mette clé sous porte, faute d'une raison d'exister...

Et la linotype se mit à cliqueter .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arsène Picrate

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Re: Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube   Sam 16 Mai - 12:51

Trois petits coups à la porte... Une enveloppe posée au sol...

Arsène lâcha sa précieuse bouteille dans un sourire et se prépara à reprendre le travail.

Assis à son bureau il se délecta du nouveau papier de son seul et unique investigateur :

Citation :
Quiconque a souhaité un jour voir le Pompeux Phénomène en personne s'est forcément retrouvé nez à décolleté avec elle. Elle, c'est le
Cerbère qui assiste le Délicieux Démago. Désirant plus que quiconque
nous entretenir avec lui pour poser toutes les questions indiscrètes
qui agitent la ville, nous avons dû prendre contact avec Starla, et
subir sa conversation au tube. Voici le récit de notre première approche.


Starla : Secrétariat personnel du Grand, du Beau, du Fort, du Vénéré Leader Maximo de Sipra j'écoute ?

Coin-Coin : Bonjour. Ici Coin-Coin, ... Tuuut... tuuut... tuuut... Dame, elle nous a raccroché au nez ! Rappelons.

Starla : Secrétariat personnel du Grand, du Beau, du Fort, du Vénéré Leader Maximo de Sipra j'écoute ?

Coin-Coin : Bonjour. Ici Coin-Coin, journ... Tuuut... tuuut... tuuut... Fichtre, elle a encore raccroché ! Il va donc falloir se présenter autrement.

Starla : Secrétariat personnel du Grand, du Beau, du Fort, du Vénéré Leader Maximo de Sipra j'écoute ?

Coin-Coin : Bonjour. Je suis Coin-Coin, journaliste à l'Aube.

Starla : Et moi je travaille de l'aurore au crépuscule. Pour autant je ne fais pas de mauvais canulars au tube !

Coin-Coin : Mais enfin, je... Tuuut... tuuut... tuuut... Tudieu ! Voilà un curieux personnage. Notre but premier était son Employeur Adoré, mais un tel hors-d'euvre mérite qu'on s'y attarde avant de passer au plat principal. Comment pareille tête de linotte a-t-elle pu prendre racine à ce poste ? Comment se fait-il que l'assistante personnelle du Pasteur Mégalo ne connaisse pas le seul journal qui puisse ébranler le pouvoir en place ? Ne parlons même pas de son ignorance crasse de votre serviteur, pourtant le
meilleur (le seul ?) journaliste digne de son nom encore libre à Sipra.
Autant de questions auxquelles il va falloir essayer de trouver réponse. Tentons donc une nouvelle approche.


Starla : Secrétariat personnel du Grand, du Beau, du Fort, du Vénéré Leader Maximo de Sipra j'écoute ?

Coin-Coin : Bonjour. Je suis journaliste, et je souhaiterais obtenir un entretien.

Starla : Sa Gracioseté n'accorde pas d'entretien privé. Pour obtenir une
accréditation et le suivre dans ses déplacements officiels, veuillez
demander un formulaire C-35.24a au Pont Neuf, qui transmettra au
Service de la Communication Officielle. Attendez, votre voix me dit
quelque chose. Votre nom, déjà ?

Coin-Coin : Oui, effectivement, j'ai essayé de me présenter tantôt, mais vous m'avez envoyé au diable à trois reprises.

Starla : Coin-Coin est votre vrai nom ?!

Tiens, elle a retenu quelque chose des appels précédents...

Coin-Coin : Il s'agit d'un nom de plume. Cependant je ne vous appelle pas pour obtenir une entrevue avec Lord Stanton. Dans le cadre d'un dossier de fond sur lui, le journal souhaite en savoir plus sur son entourage, et
éventuellement publier des portraits.

Starla : Hihihi... je suis flattée, mais je ne suis pas sûre de pouvoir. C'est que je suis déjà très occupée. Je ne suis pas sûre d'avoir le temps de vous rencontrer.

Coin-Coin : Cela n'est pas un problème. Cet entretien peut se faire au tube. Que diriez-vous de demain matin ?

Starla : Hihihi... alors oui, pourquoi pas. A demain.


Mon cher Coin-Coin, je te dédie ma prochaine gueule de bois !

Et Arsène se mit activement au travail.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anna Tidae

avatar

Nombre de messages : 3
Date d'inscription : 28/05/2007

MessageSujet: Re: Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube   Mer 19 Aoû - 21:21

"Holà, y a-t-il âme qui vive ? Monsieur Picrate ? Dame, quel dépotoir ! Si j'avais su dans quel monde on m'envoyait... J'eus tôt fait de m'occuper du vernissage. Monsieur Picrate ? Êtes-vous disponible ? Si je dérange, je reviendrai plus tard !"

Ses appels étaient couverts par bruit sourd de rotatives qu'il pensait enfoncés plus profond dans les sous-sols. Tout en s'égosillant, Eugène tentait de se déplacer entre divers amas d'objets couverts de suie ou d'encre, quand ce n'était pas les deux. Ajoutez aux odeurs d'impression un mélange d'alcool et de nourriture bon marché, vous aurez l'explication de son mouchoir porté au visage. Le galeriste avançait à petits pas, se concentrant sur son équilibre. Essayez donc de vous déplacer dans une telle porcherie tout en essayant de garder propre une redingote de première facture ! Au milieu du désordre, il ne se sentait pas à son aise. Même son arrière boutique en période de montage n'atteignait pas un tel degré de négligence.

"Monsieur Picrate ? Arsène Picrate ? Il faudrait que je vous parle ! Il y a urgence !" continua de crier Eugène, tout en plissant les yeux de dégoût à la vue d'un repas pour lequel se battaient rats et cafards. "Mons... Oh !" s'étouffa-t-il en voyant la scène désolante d'un homme avachi sur sa linotype. À l'odeur qui régnait, l'homme s'était rempli plus que de raison de cette piquette infâme dont une dizaine de cadavres gisaient ça et là, notamment entre le bureau et le sol. Les ronflements qu'il avait pris pour l'imprimerie en plein roulement étaient en fait ceux de l'ivrogne. Eugène déchiffra le titre du prochain article. Il avait du mal à comprendre la signification de lkfdéajfsc,(&35.nyvxmuoipzrtew £, mais pensa à un code pour éviter de se faire démasquer par les Services de la Communication.

Malgré ses tentatives, l'homme ne répondait pas aux injonctions verbales d'Eugène. Il lui poussa alors légèrement l'épaule à plusieurs reprises, mais le corps inanimé reprenait invariablement sa position sur fond de borborygmes avinés. Le pauvre Eugène, peu habitué à côtoyer les masses prolétariennes, ne savait comment gérer cette situation. Il prit donc son courage à deux mains gantées, et la tête du soiffard à une seule.


"Monsieur Arsène Picrate ?
-Smmmmmffffhhhuiiii... Kidmanddddddddddddd... hhhhhhhhhh ??"

Face à l'odeur ignoble qui agrémenta ce bafouillage, Eugène eut un mouvement de recul, au contraire du corps sans vie, qui reprit donc sa place. Un coup d'oeil à la linotype indiqua le chapeau de l'article sus-cité :
v cmhz40q$p. Eugène de Cambiac ne pouvait se résoudre à faillir à sa mission, et décida de passer à la vitesse supérieure. Plutôt que de sombrer dans une violence barbare, il regarda autour de lui, et finit par mettre la main sur un ustensile à côté des rotatives. Si avec ce seau d'eau, il n'arrivait pas à le réveiller, il serait temps d'appeler du secours !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arsène Picrate

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Re: Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube   Mer 26 Aoû - 20:28

Le geste eut un succès certain.

L'endormi reprit ses esprits et se leva d'un bond, une bouteille vide à la main, elle-même levée sur l'intrus tout à fait blême.
Le seau d'eau avait emporté le filet de bave qui s'étendait au coin du menton de l'écrivaillon mais une irrépressible envie de vomir son dîner à base d'anchois marinés au vin et anti-dépresseurs maison lui vint... incontrôlable.

Arsène se précipita sur la corbeille à papier qui, à ce jour, aura tout connu sauf du papier et dégobilla soucieusement.
D'un revers de manche il s'épongea le menton et essaya de reprendre contenance face à l'étranger qui n'avait rien à faire dans les locaux anonymes et sévèrement dissimulés de L'Aube.
Se redressant, la bouteille menaçante, il fixa le bonhomme et se mit à rugir :


Par tous les xylophones de l'Enfer, qu'est-ce que vous fichez ici !?
J'devrais vous tuer pour avoir mis les pieds ici...
Pour m'avoir balancé cette flotte au visage...
Vous allez m'payer ces manières, l'animal !

Mais j'suis d'humeur... pâteuse alors j'me contenterai d'vous refaire le portrait si vous m'dites pas qui vous êtes et c'que vous fichez ici !


Et Arsène attendit, vacillant légèrement, les tempes bourdonnantes, le cerveau proche de l'implosion et le cœur palpitant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube   

Revenir en haut Aller en bas
 
Sous-sol anonyme et sévèrement dissimulé, QG de "L'Aube
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un sous-vêtement dans l'arbre [Libre]
» La diaspora veut retourner en Haïti sous condition
» Obama fait campagne sous la pluie alors que McCain annule...
» Un sous-commissariat à Grand'Ravine
» Un temple sous terre [PV Kusari]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sipra :: Au Coeur de Sipra :: Grand-Place de l'Odreccon-
Sauter vers: