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 Le Grand Hall

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Sam Ritain

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Localisation : Entre deux rayons du magasin éponyme
Date d'inscription : 09/05/2007

MessageSujet: Le Grand Hall   Lun 28 Mai - 2:37

Sam Ritain vient de son bureau

Sam Ritain aimait plus que tout déambuler dans les rayons de ce qui était une réussite évidente. Avec peu, il avait construit un empire commercial, et attribuait ce succès à quelques recettes simples : respect de la clientèle, et plus encore de sa bourse, politesse en toutes circonstances, savoir reconnaître une cliente régulière, et ne jamais refuser de servir qui que ce soit.
En bon commerçant, il savait que sous un jeune homme en haillons se cachait parfois un petit voleur au grand coeur qui venait acheter un joli cadeau pour sa mère avec l'argent qu'il venait de dérober dans la rue. Nombre concurrents s'étaient lamentablement écrasés pour avoir refusé de servir tout ce qui ne ressemblait pas à un habitant de l'île stable.

Passant d'un rayon à l'autre, le directeur glissait quelque mot d'encouragement à ses vendeuses, flattait outrageusement une cliente hésitante. Il arriva à l'entrée principale, et après avoir tenu la poignée à quelque galante, il afficha son annonce à la porte :

Citation :
Sam Ritain recrute !

Poste à pourvoir : secrétaire personnelle du directeur

Descriptif de l'emploi :
- organisation de l'agenda du directeur
- travail administratif
- cadre luxueux
- horaires réguliers


Salaire attractif, nombreux avantages


Conditions requises :
- jeune femme sérieuse
- excellente présentation
- maîtrise des technologies modernes (linotype, pneumatique, etc.)
- langage soutenu, politesse de rigueur
- bien sous tous rapports

*Candidates féminines uniquement*

Satisfait de cette, un rien de sourire s'esquissa derrière son impertubable moustache qu'il lissait entre son pouce et son index droits. Il rentra dans la boutique, et se dirigea vers le rayon des fragrances de luxe. Sur le chemin il fut interpelé par une habituée du lieu :

"Messire Ritain, mon bon !
-Ah, madame Guilhain... que me vaut l'honneur ?"
dit-il en se baissant pour porter ses lèvres à une main d'albâtre qu'il effleura. "Notre nouvelle collection de fourrures vous plaît-elle ?
-Si seulement j'avais l'occasion de les essayer, mais mon époux m'a coupé les finances pour les cycles à venir !
-Quel rustre... comme si vous étiez la plus dépensière des épouses."
Et comme d'habitude, j'enverrai la note à Guilhain qui se fera un plaisir de montrer que telle somme n'est rien pour lui, pensa le patron du grand magasin. "Vous méritez bien plus d'égards, ma chère amie. Allez donc demander à la petite Marie-Louise de vous montrer nos plus belles pièces. Vous saurez, j'en suis convaincu, les rendre plus splendides encpre en les portant.
-Vous me flattez, messire Ritain... et savez parler à une femme.
-Que nenni, il ne s'agit que de dire la vérité. Désormais, je vous laisse entre les mains expertes de Marie-Louise. Le devoir m'appelle.
-Bien sûr mon ami. Pourra-t-on compter sur vous à la prochaine réception ?
-Cela est bien probable. A très bientôt."

Il s'agissait du type même de cliente dont rêvais tous les concurrents de Sam : aisée, dépensière, mariée à un homme pour qui l'argent n'avait qu'une seule valeur, à savoir la puissance qu'il lui procurait sur le monde en général, et son épouse en particulier.

Marchant entre les rayons, Sam fit remarquer à certaines vendeuses que tel accessoire vestimentaire était peu approprié durant le travail, que la coupe de cheveux était quelque peu défraîchie, et s'assura auprès de tous les clients qu'ils étaient traités avec tous les égards possibles.

C'est cela qu'aimait Sam Ritain : avoir l'impression de servir à quelque chose, donner du bonheur à tout un tas de femmes de tous âges et toutes conditions.

Sam Ritain déambule dans les rayons


Dernière édition par Sam Ritain le Mar 16 Juin - 19:03, édité 2 fois
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eurydice d'autremonts

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Date d'inscription : 17/06/2007

MessageSujet: Puisqu'il faut bien commencer quelque part...   Jeu 29 Nov - 0:20

L'idée de s'abaisser à travailler aurait certes révulsé sa regrettée Mère, mais Eurydice voyait les choses tout autrement.
Après tout, l'independance avait son prix et, plus que toute autre chose, celui de l'humiliation du piteux retour de la brebis égarée au bercail paternel n'était pas dans ses moyens.


Travailler donc... L'annonce du Sam Ritain semblait tout a fait lui convenir.
Certes cette jeunes fille de bonne famile n'avait strictement aucune experience professionnelle proprement dite mais elle se considérait pourvue d'à peu près toutes les qualités énumérée sur l'annonce.
Bien éduquée, bonne présentation, langage soutenu... tout cela, le sein maternelle en avait été plus que généreux. Pour le reste, ses innombrables visites clandestines des labyrinthiques bureaux de son industrieux géniteur lui seraient une excellente source d'inspiration.

Eurydice inspira profondemment et, avisant une vendeuse à l'air particulièrement aimable, elle lissa une dernière fois ses jupes ...


_Mademoiselle, s'il vous plait ...

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Pétronille Girelier

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MessageSujet: Re: Le Grand Hall   Jeu 29 Nov - 14:35

La vendeuse s'affairait d'une épingle frénétique à réprimer les envies de folie d'une mèche échappée de son chignon. Elle ne s'en remettrait pas. Monsieur Ritain venait de passer et de lui signaler cet intolérable signe de laisser aller. Elle qui pourtant métait un point d'honneur à exercer son travail avec une rare perfection.
Nul ne verrait jamais Pétronille Girelier arriver en retard ou se faire porter pâle. En 10 années de bons et loyaux service, pas une fois elle n'avait manqué à l'appel.
Ah, pas comme toutes ces petites mijaurées qui prétendaient exercer son emploi et qu'elle voyait se succéder les unes aux autres. Certaines parlaient même de jours de congé. On se demande vraiment... Et puis Pétronille les voyait bien faire les yeux doux aux clients et même "fréquenter". Ah ça ça ne risquait pas de lui arriver! Non madame! Et les hommes devaient bien le sentir qu'elle était une femme bien car aucun d'entre eux n'avait jamais osé la regarder ni lui parler comme à ces filles. Jamais un seul. Elle était une demoiselle respectable.
Toutes ces réflexions fort heureusement n'avaient entamé en rien l'indéfectible sourire de Pétronille. Il se collait à son visage au moment où elle franchissait la porte du Sam Ritain le matin et ne la quittait qu'au soir au moment ou elle effectuait l'opération inverse.
A l'instant où l'épingle retrouva son logement exact, elle entendit:

Mademoiselle, s'il vous plait ...
et, pivotant instantanément, elle prononça la phrase que sa bouche avait le plus souvent formé dans sa vie.
Bonjour madame, que puis-je pour vous?
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eurydice d'autremonts

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MessageSujet: Re: Le Grand Hall   Ven 30 Nov - 1:14

*Mince ! Ça commence bien…*

Eurydice avait reconnul a vendeuse. Son intonation était inimitable et la ramena instantanément quelques sept années en arrière.
…C’était en novembre et ça avait été le tout dernier moment de complicité partagé avec sa mère avant que celle-ci ne commence à dépérir.

Au yeux de la jeune adolescente qu’elle était alors, le Sam Ritain semblait une incroyable caverne d’Ali Baba. Mère avait décréter qu’il était temps que sa fille s’habille en jeune fille digne de son rang et ainsi de préparer son entrée dans « le monde ».
Chose qui ne se produisit jamais puisque qu’après le décès de Mère quelques mois plus tard, Monsieur son père coupa court à toute mondanité et éleva sa fille en recluse sur l’Ile Stable lui imposant comme seules explications qu’il tenait trop à elle pour l’exposer et qu’il avait de toute façon déjà tout arranger pour son avenir. Ce fut donc sa dernière excursion hors de l’île… avant la semaine dernière.

Une impossibilité majeure lui apparu soudain. Comment Eurydice d’Autremont, seule descendante connue de Gustave André d’Autremont, haut dignitaire de Sipra et homme d’influence au cœur même de l’Ile Stable, pouvait devenir simple secrétaire sans immanquablement créer le scandale… et pire encore se faire rapatrier illico chez son père ?

Sa sottise lui fut insupportable.

Tout dans sa mise lui paraissait soudain proclamer son statut. La tenue qu’elle avait choisie était certes de coupe simple et de couleur sobre mais son étoffe était criante de qualité, la peausserie de ses bottines n’accusait aucune trace usure et la blondeur argentée de ses cheveux ne manquerait pas de rappeler ceux de feu Madame Irène Springborough d’Autremont.

Si cette charmante vendeuse était physionomiste, s’en était fait de sa liberté.

* Crainte absurde, jeune fille ! S’admonesta-t-elle. Cette dame doit voir des centaines de personne chaque jour, comment pourrait-elle se souvenir d’une Dame et d’une adolescente sept ans après… et puis le loyer de cette chambre ne se paiera pas de lui-même ! Puisque le vin est tiré, il faut le boire…*

Eurydice dissimula son hésitation derrière une légère toux.

_ Excusez-moi… je m’appelle Eu… Eugenie Leclerc et je souhaiterais postuler à cette position de secrétaire, dit-elle en désignant la petite affiche. Pourriez-vous m’indiquer la personne à qui je dois m’adresser, s’il vous plait ?
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Sam Ritain

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MessageSujet: Re: Le Grand Hall   Mar 16 Juin - 21:38

Pestant encore intérieurement d'avoir dû mentir à l'un de ses employés pour se sortir d'une situation embarrassante, Sam alluma son barreau de chaise, et tenta de retrouver une sérénité plus digne d'un entrepreneur de son envergure. Il décida donc, cigare au coin du bec, de retourner à son activité favorite, et déambula dans les rayons sourire aux lèvres.

Quand bien même il savait que l'on mettrait la main sur ce petit vaurien, Sam se sentait floué, pire, cambriolé ! Il s'en voulait encore d'avoir trop rechigné à installer des barreaux sur sa propre caverne d'Ali Baba. Pourtant il avait toujours su que de petites frugalités pouvaient mener à un désastre économique. C'est pour cette raison qu'il avait vite compris l'utilité des vigiles, bien avant ses concurrents pensant que les Agents de Sipra n'avait rien de mieux à faire qu'à les protéger. De plus, Sam en avait profité pour faire œuvre sociale envers certains hommes sous ses ordres lors d'une guerre bien trop longue, et qui avait laissé bien trop de traces quarante ans plus tôt.

Sam laissa alors ses jambes le porter dans le magasin, et sa mémoire divaguer dans les volutes de fumée. Que de souvenirs, cette Sale Guerre. On peut dire qu'il les avait gagnés, ses galons de Colonel. Lui et le père du petit Clifford en avaient connus des coups durs, des hivers froids, des balles qui sifflent aux oreilles en pleine attaque, des corps éviscérés, des têtes sans corps, et tant d'autres horreurs. Encore aujourd'hui, Sam refusait de vendre des tripes à la charcuterie, neuvième étage gauche, Bertheline charcutière en chef. De même, les articles de chasse étaient proscrits de ses rayons. De toute manière, Clifford avait très intelligemment interdit la vente d'armes à feu sans autorisation expresse du Pont Neuf. Sam ne conservait les siennes que par respect pour son vieil uniforme. C'est en pensant à son uniforme et à la dernière occasion où il le porta, lors de l'enterrement de Donald Stanton, qu'il réalisa qu'il avait machinalement traversé tout le Grand Hall pour se retrouver à nouveau en présence de Pétronille, sa vendeuse modèle.


"Ma chère Pétronille, je vois que vous avez su remettre de l'ordre dans votre chevelure. Je n'en doutais point venant de vous..." C'est alors qu'il aperçut une jeune femme dont le visage lui rappela l'une de ses plus fidèles clientes. Une cliente exquise dont la valeur n'avait eu d'égale que sa fragilité. Que diable venait faire sa fille ici, alors que Gustave André pérorait encore il y a peu au Club, en affirmant qu'Eurydice ne suivrait jamais l'exemple de sa regrettait mère, et ne mettrait jamais les pieds hors de l'Île Stable, même une fois mariée ? Décidé à en savoir plus, il lui prit l'envie de jouer à nouveau au fin limier. "Qui donc est cette charmante demoiselle, Pétronille ? ... Une candidate pour le poste d'assistante personnelle de la direction ? Que voilà une excellente nouvelle ! Mademoiselle... Eugénie Leclerc -merci Pétronille, occupez-vous donc de Madame de Lanjoie- je vous prie de me suivre, nous commencerons déjà à faire connaissance sur le chemin de mon bureau."

Ah quel comédien ! Sam n'était pas peu fier de son nouveau tour, mais il avait du mal à dissimuler le sourire entendu et les regards en coin pour vérifier à quel point la jeune femme ressemblait à la regrettée Hermande d'Autremont. "Surtout ce regard sauvage et ce nez mutin..." s'entendit-il prononcer à mi-voix tandis qu'il guidait la jeune femme dans les allées menant au grand escalier.
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