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 Le Sipra gris - Au coeur du lotissement, cave du N°8

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Hector Gaultier Wallon



Nombre de messages : 3
Date d'inscription : 01/02/2008

MessageSujet: Le Sipra gris - Au coeur du lotissement, cave du N°8   Ven 1 Fév - 1:43

"Il était une fois". C'est ainsi que la plupart des contes débute. On a ensuite le droit à un récit fantastique épique au coeur duquel se mêlent une intrigue fade, une histoire d'amour bancale et immature qui se conclut par un mariage assez hasardeux couvert de marmaille et la mort d'un être vil et peu recommandable.
Jamais je ne pourrais débuter ainsi.

Mon nom est Hector Gaultier Wallon. Hector comme mon père, Gaultier pour le caprice maternel, et Wallon comme tous mes ascendants. Mes parents étaient de ces bourgeois ambitieux qui ne pensent qu'à leur profit et considèrent leur descendance comme un investissement duquel tirer une gloire éphémère et un peu de prestige, voire quelques finances.
J'ai fréquenté les plus grandes universités siprasiennes, cotoyé les renommés de ce monde sans jamais me sentir inférieur à ces prétendus génies de la nouvelle société. Puis un jour, je les ai transcendés. Tous autant qu'ils étaient... je me souviens de ce bénet de Morrisson prêt à bondir de joie pour sa petite promotion qui le rendrait vite aussi inefficace qu'inutile. Et à l'heure qu'il était, il devait surement s'engoncer dans son luxe patachon, à l'abris du besoin et des nouvelles idées qui auraient pu effleurer son cerveau vicié par le stupre.
Je me souviens encore du rire qu'il avait émis tandis que je lui exposais mes théories sur les particules élémentaires que j'avais réussi à isoler et identifier alors que tous se penchaient sur divers bacilles ou pseudos bio-organites mal définis. La physique était ma passion et cet être réputé l'un des plus grands ingénieurs de son temps m'avait ri au nez tandis que je découvrais le plus incroyable des phénomènes de cette matière.

Le nigaud! C'est ainsi qu'il m'avait qualifié! Nigaud! Un terme qui lui siérait à merveille alors que je pourrais lui dévoiler l'étendue de mon savoir dont ses petites pensées étriquées n'ont même pas conscience. Soit. Mais pour cela, je dois retrouver mon chemin... et cela n'est pas mince affaire dans mon cas.

"Il était des fois"... C'est ainsi que j'aurais du commencer.
Je me suis perdu dans mes recherches. Elles m'ont emmené au delà de tout ce que j'aurais pu imaginer. Les particules élémentaires ont généré un champ inconnu, agressif, dangereux. J'ai beau imaginer mon triomphe sur mes détracteurs, cela n'abolira jamais le fait que je suis contraint de patienter, voire de me priver de ce moment de gloire... Pour le bien de l'humanité, pour la vie de mes contemporains. Qui sait quel aliéné se risquerait à user du fruit de mon génie aux seules fins égoïstes et destructrices d'une ambition démesurée?
Je n'ai pas été éduqué comme un altruiste. Au contraire... Piétiner autrui pour s'élever dans la société était l'un des aphorismes que l'on m'inculquait. La Haute Sipra était ainsi, fourbe et égocentrique.

Je dois retrouver ma route, peu importe le temps que cela me prendra, je dois tenter de repousser les limites de mon savoir, encore et encore, afin de contempler ces visages sournois et goguenards de mes contemporains. Peu importe le prix de mon âme mise aux enchères et mon amour propre piétiné, mon projet doit disparaître, je dois revenir à l'état initial, changer ce qui peut l'être encore pour que tout soit oublié, que rien ne transparaisse.

La machine fait quatre mètres de long. A chaque coin, des bobines entourées de fils de cuivre se rejoignent, reliées entre elles par des cables solides, cependant trop fragiles à chaque mise en fonction de l'appareil. Cela fait déjà trois fois que je dois sortir de la cave en laquelle j'ai entreposé mon oeuvre pour me risquer à chercher de quoi tout remplacer. La dernière fois, j'ai été abordé par un "agent" qui a prétendu que le couvre-feu était déclaré. Je ne sais pas ce qu'il me voulait et ne veux pas le savoir. Ce n'est pas mon problème... tout ce qui m'importe c'est que la chance était avec moi et que le brave homme grisâtre m'ait laissé rentrer chez moi.

Chez moi... un endroit délabré ici. Je me souviens d'avoir couvert les meubles de draps blancs, présumant de la réussite de mes recherches. Je me rappelle avoir scellé la cave afin que nul ne puisse y accéder de l'extérieur. Ce que je ne me remémore pas, ce sont ces toiles d'araignées, cette poussière omniprésente, cette odeur de chambre funéraire renfermée... tout doit rentrer dans l'ordre. Les odeurs du café de Mathilda me manquent, son parfum...

Actionnant le mécanisme, je me précipite sur le fauteuil -une armature cuivrée recouverte, selon l'une de mes lubies, d'un velours vert- situé entre les quatres bobines qui peu à peu se couvrent de bleuté. J'ai toujours aimé cette phase. Les particules élémentaires -lesquelles un jour seront dénommées Wallonium, cela ne fait aucun doute- s'animent et adoptent une cohésion, un circuit si abstrait que j'ai passé presque sept années de ma vie à tenter de comprendre ce ballet sans jamais réussir à le théoriser de manière satisfaisante. Ce ballet mortel, qui explose et s'anime de nouveau, explose encore en des bruits assourdissant, tantôt crépitant. J'ai l'impression de retomber en enfance tandis que mon père me présentait pour la première fois le mécanisme d'une vapocalèche. Je n'aurais jamais cru qu'une Rognot basique puisse être si fascinante une fois éventrée.

Tout devient flou, le bleu m'envahit, mes oreilles se bouchent et le vide s'y place, assourdissant. Je ferme les yeux, agrippe les bords de mon assise de cuivre, pense une dernière fois à ma prochaine destination... retrouverais-je enfin mon Sipra...

... et disparais encore.
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Hector Gaultier Wallon



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Date d'inscription : 01/02/2008

MessageSujet: Re: Le Sipra gris - Au coeur du lotissement, cave du N°8   Ven 1 Fév - 3:33

J'ai l'impression que ma tête tourne sans pouvoir s'arrêter. Je suis assis dans mon fauteuil favori, mais le décor ne s'accorde pas au souvenir que j'en avais. C'est comme si toute une partie de mon séjour s'était transplantée dans l'atelier.
Mathilda... depuis combien de temps suis-je ici?
Je me redresse tant bien que mal, l'atmosphère est chargée d'une odeur lourde, indéfinissable mais approchant celle d'un temps d'orage exceptée la rosée. J'ai la gorge sèche d'ailleurs. Un café ne pourrait pas me faire de mal ; tout mon corps semble engourdi, endormi, comme si tout mon sang avait cessé de circuler et que je reprenais peu à peu contrôle de mes membres.
Sur la table de l'atelier, j'entrevois quelques schémas... mes projets. Sur quoi portaient-ils? Je n'en ai plus le souvenir à présent. Cela devrait revenir un jour. Le principal est que je sois chez moi, que Mathilda soit à l'étage à s'inquiéter ou à m'attendre patiemment en brodant quelque frise que j'aime voir sur nos murs.

Je ne me rappelle pas avoir fermé la porte. La lourde manivelle accompagnée de la barre de fonte ne suffisent pourtant pas à m'arrêter... si je l'ai ainsi positionnée, je devais avoir mes raisons. La cave est un endroit dangereux et quiconque en cette maisonnée pourrait avoir de gros ennuis à y pénétrer sans mon autorisation. L'effort me fait tourner la tête mais l'aide de tout mon poids parvient à venir à bout de ce verrou.
Je jette un dernier coup d'oeil sur l'étrange machine qui trône au centre de la pièce. Elle me rappelle quelque chose sans que je puisse mettre le doigt dessus. Sans doute un projet sur les particules élémentaires destiné à rabattre le caquet de ce vaniteux de Morrisson!

Les marches menant au rez de chaussée me paraissent si hautes que les pauses sont nombreuses en mon ascencion. Pourtant, elles se comptent par quelques dizaines tout au plus. Mon corps se réhabitue peu à peu à être contrôlé par ma propre conscience et je parviens enfin à atteindre le salon.
Mathilda n'est pas là. L'odeur de renfermé est insupportable et tous les volets sont clos. Filtrant les rayons d'un soleil grisâtre et paresseux, ils font jour sur mes meubles, recouverts de draps blancs et poussiéreux et semblant abandonnés depuis des années.
Mon crâne me lance tandis que je porte mes deux mains à chaque tempe. Je crie le nom de Mathilda en vain... que s'est-il donc passé? Pourquoi est-ce ainsi? Où suis-je?

Je me précipite à la cave... là bas, je trouverai la réponse. L'une de mes expériences a du mal tourné, je n'ai pas d'autres explications. Aurais-je réussi à élaborer un projet onirique et mal conçu? Mathilda me l'avait encore murmuré il y a quelques jours... les particules élémentaires risquaient de nous mener à notre perte. Mais je ne l'avais pas écoutée, une fois de plus...une fois de trop.
Les marches me semblent glissantes et je manque de trébucher. Débouchant de nouveau sur la cave, j'aperçois plus nettement les contours de la machine et pendant à des bobines de cuivre à ses quatre coins, des cables arrachés.
La table est toute proche, je m'y précipite. Les papiers sont désordonnés, ils volent encore tandis que je cherche frénétiquement une explication à cette anomalie.

Le schéma semble explicite... je le tiens entre deux doigts crispés, comme dégoûté et excédé. Les particules élémentaires... les aurais-je vraiment utiliser à cette fin?
Mon autre main se saisit de notes griffonées à la hâte. Les calculs sont terrifiants, justes pourtant. Tout semble indiquer que j'ai fait un bond dans une réalité dépassant la mienne... c'est comme si j'avais voyagé, dans le temps, ou à travers le réel.
Ces idées se fondent en moi et me procurent cette sensation désagréable de vertige... cherchant à tatons le siège de la machine, je m'écroule dedans, sanglotant sur les schémas serrés en mes poings.
Mathilda me manque... même Morrisson et ses comparses puant arrivent à trouver en mes pensées une certaine nostalgie qui ne fait qu'alimenter mon désarrois.
Mais je dois me ressaisir... si je suis venu, je peux repartir.

Levant mon regard brouillé par les larmes vers les coins de l'appareil, je me rends compte que les cables devront être échangés. Déjà, les croquis semblent apparaître en mon esprit comme si peu à peu, un début de mémoire me revenait... ainsi qu'un commencement d'espoir.
D'un revers de manche, je tente de sécher mes yeux et me résouds enfin à raisonner. Le scientifique que je suis se doit de réfléchir, de penser à une manière de retourner au temps et lieu qui lui appartiennent. Mathilda doit s'inquiéter...
Conscient que la tâche la plus délicate sera de pouvoir me procurer les cables manquant et autres pièces à changer, je me rends au bureau et débute une patiente lecture des notes éparses.
Je ne sais ce qui m'attendra au dehors... mais je dois m'y rendre. Pour retrouver mon Sipra... pour rejoindre Mathilda.
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